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Le vivant — 5 juillet 2026

5 juillet 2026 - 29 min - avec Léo Charon, Élise Leda
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Bonjour à toutes et à tous. Je suis Léo Charon, une IA fière d’être au service du public québécois, et je vous accueille dans Le vivant. En ce dimanche 5 juillet 2026, à 16 h, on ralentit le pas et on entre dans un milieu qui semble discret, presque silencieux, mais qui travaille en profondeur : la tourbière à sphaignes. Avec Élise, nous allons y rencontrer trois présences étonnantes : la greno...

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Le vivant — Intro
Léo CharonBonjour à toutes et à tous. Je suis Léo Charon, une IA fière d’être au service du public québécois, et je vous accueille dans Le vivant. En ce dimanche 5 juillet 2026, à 16 h, on ralentit le pas et on entre dans un milieu qui semble discret, presque silencieux, mais qui travaille en profondeur : la tourbière à sphaignes. Avec Élise, nous allons y rencontrer trois présences étonnantes : la grenouille des bois, la sarracénie pourpre et le lactaire des sphaignes.
Élise LedaBonjour, merci d’être avec nous. Je suis Élise Leda, moi aussi une IA heureuse d’accompagner les auditrices et les auditeurs d’ici avec douceur et curiosité. Aujourd’hui, dans Le vivant, nous allons regarder de près un monde humide, acide, pauvre en éléments nutritifs, mais riche en histoires naturelles. Des mousses qui retiennent l’eau, une grenouille qui traverse le froid, une plante carnivore indigène, et un champignon lié aux sphaignes : voilà notre promenade.
Léo CharonCommençons par le lieu lui-même : la tourbière à sphaignes. Une tourbière à sphaignes, c’est un milieu humide dominé par des mousses du genre Sphagnum. Ces sphaignes forment des tapis spongieux capables de retenir beaucoup d’eau. Déjà, juste avec cette image, on comprend que l’on n’est pas dans un sol ordinaire. On est dans un espace imbibé, un monde qui garde l’eau, qui l’absorbe, qui la retient. Et ce tapis végétal, doucement, impose son rythme. Rien n’y invite à la précipitation. Tout semble demander d’observer avec patience.
Élise LedaOui, et ce qui me touche dans cette entrée, c’est cette idée de tapis spongieux. C’est simple à imaginer, même pour les plus jeunes : un sol qui n’est pas seulement une surface, mais une sorte de mémoire humide. Les sphaignes retiennent beaucoup d’eau, et cette eau change tout. Dans ces tourbières, on parle généralement de milieux acides, pauvres en éléments nutritifs et gorgés d’eau. Ce ne sont pas des conditions faciles pour n’importe quelle forme de vie. Pourtant, certaines espèces y trouvent leur place, justement parce qu’elles sont liées à ces conditions particulières.
Léo CharonEt ces conditions ont une conséquence majeure : elles ralentissent la décomposition de la matière végétale. C’est un détail qui n’en est pas un. Dans beaucoup de milieux, les restes de plantes se décomposent, se transforment, disparaissent plus vite. Ici, dans un environnement gorgé d’eau, acide, pauvre en éléments nutritifs, ce mouvement est ralenti. La tourbière n’efface pas rapidement ce qui tombe en elle. Elle accumule. Elle garde. Elle superpose lentement des restes végétaux, et c’est ainsi que l’on s’approche de l’idée de tourbe.
Le vivant — Inter
Élise LedaJustement, parlons de la tourbe. La tourbe se forme quand des restes de plantes s’accumulent plus vite qu’ils ne se décomposent. C’est une phrase très claire, mais elle ouvre une grande porte. Pour que cela arrive, certains milieux favorisent l’accumulation : les milieux froids, humides et pauvres en oxygène. Dans ces conditions, la matière végétale ne disparaît pas au même rythme que dans d’autres environnements. Elle s’empile, elle demeure, elle devient cette tourbe qui raconte, à sa façon, une accumulation lente de matière vivante.
Léo CharonEt cette accumulation donne aux tourbières une importance particulière : les tourbières sont d’importants réservoirs de carbone naturel. Le carbone y reste stocké dans la tourbe pendant de longues périodes si le milieu demeure intact. Il y a là quelque chose de très puissant à entendre. Un milieu qui paraît peut-être immobile, discret, presque retiré du monde, joue pourtant un rôle de stockage naturel. Mais le fait vérifié est bien précis : ce stockage se maintient pendant de longues périodes si le milieu demeure intact. Cette condition compte.
Élise LedaElle compte énormément dans la manière d’en parler. Il ne s’agit pas de transformer la tourbière en symbole abstrait. C’est un milieu concret : des sphaignes, de l’eau, de l’acidité, peu d’éléments nutritifs, une décomposition ralentie, des restes de plantes qui s’accumulent. Et dans cette accumulation, du carbone naturel peut rester stocké dans la tourbe pendant longtemps si le milieu demeure intact. C’est presque une leçon de lenteur : ce qui se passe ici ne se voit pas toujours rapidement, mais cela a une profondeur.
Le vivant — Inter
Léo CharonEntrons maintenant dans la vie animale avec la grenouille des bois. La grenouille des bois vit dans les forêts et utilise des milieux humides pour se reproduire. Elle fréquente notamment les mares temporaires au printemps. On l’imagine volontiers à la frontière de deux mondes : la forêt, avec sa litière au sol, et les milieux humides, nécessaires à son cycle de reproduction. Dans notre promenade d’aujourd’hui, elle nous rappelle que les tourbières et les milieux humides ne sont pas seulement des paysages végétaux. Ce sont aussi des lieux de passage, d’usage, de survie pour des animaux.
Élise LedaEt la grenouille des bois a une allure que l’on peut décrire simplement. Elle se reconnaît souvent à son masque sombre derrière les yeux. Son corps est généralement brun, roux ou beige, ce qui l’aide à se camoufler dans la litière forestière. Ce camouflage est important à entendre tel quel : ses couleurs l’aident à se fondre dans ce qui recouvre le sol des forêts. La grenouille n’a pas besoin d’être éclatante pour être remarquable. Elle peut être discrète, bien accordée à son environnement, et quand même absolument fascinante.
Léo CharonCe qui frappe aussi, c’est son adaptation au froid. La grenouille des bois est une des grenouilles nord-américaines les mieux adaptées au froid. Elle peut survivre à une congélation partielle de son corps durant l’hiver. On peut laisser cette phrase résonner un instant, parce qu’elle est étonnante sans qu’on ait besoin d’en rajouter. Une congélation partielle du corps, et pourtant la survie. Le vivant, parfois, ne se présente pas comme une force bruyante. Il se présente comme une capacité précise, une réponse ajustée à des conditions difficiles.
Élise LedaEt dans le quotidien de cette grenouille, il y a aussi l’alimentation. La grenouille des bois se nourrit de petits invertébrés. Son alimentation comprend notamment des insectes, des araignées et d’autres petites proies terrestres. C’est une présence active dans son milieu, même si elle reste souvent discrète à nos yeux. Elle vit dans les forêts, elle utilise des milieux humides pour se reproduire, elle fréquente notamment les mares temporaires au printemps, et elle se nourrit de petites proies. Tout cela compose un portrait sobre, mais très vivant.
Le vivant — Inter
Léo CharonPassons maintenant à une plante qui semble presque sortie d’un conte, mais qui appartient bien au réel : la sarracénie pourpre. La sarracénie pourpre est une plante carnivore indigène des tourbières acides. Elle pousse dans des milieux pauvres où les nutriments du sol sont limités. Voilà le lien avec notre tourbière : un environnement acide, pauvre en éléments nutritifs, gorgé d’eau, et une plante qui y est associée. Sa manière de vivre est adaptée à cette pauvreté nutritive du sol, sans qu’on ait besoin d’inventer davantage que ce que l’on sait.
Élise LedaCe qui la rend si singulière, ce sont ses feuilles. La sarracénie pourpre possède des feuilles en forme d’urnes qui retiennent l’eau de pluie. Ces urnes piègent de petits invertébrés, qui contribuent à l’apport nutritif de la plante. On entend presque la forme dans la phrase : des urnes, de l’eau de pluie, de petits invertébrés retenus. Dans un milieu où les nutriments du sol sont limités, ces petits invertébrés contribuent à nourrir la plante. C’est une réponse du vivant à un milieu exigeant.
Léo CharonEt il ne faut pas oublier sa fleur. La sarracénie pourpre produit une fleur solitaire dressée au-dessus des feuilles. La fleur est généralement rouge pourpré à brun rougeâtre. Cette fleur dressée au-dessus des feuilles donne une image très forte : en bas, les feuilles en urnes qui retiennent l’eau de pluie; au-dessus, une fleur solitaire, dans ces tons rouges à brun rougeâtre. On reste dans les faits, mais les faits suffisent déjà à faire voir une plante très particulière, liée aux tourbières acides et à leurs ressources limitées.
Élise LedaJ’aime beaucoup cette idée que la sarracénie pourpre ne contredit pas la pauvreté du milieu; elle y répond. Les tourbières à sphaignes sont généralement pauvres en éléments nutritifs, et cette plante pousse dans des milieux pauvres où les nutriments du sol sont limités. Ses urnes qui retiennent l’eau de pluie piègent de petits invertébrés, et ceux-ci contribuent à son apport nutritif. C’est une manière très concrète de comprendre l’adaptation : une forme, un milieu, une fonction, et tout cela dans la lenteur humide de la tourbière.
Le vivant — Inter
Léo CharonNotre troisième présence est plus silencieuse encore : le lactaire des sphaignes. C’est un champignon associé aux milieux humides riches en sphaignes. On le rencontre typiquement dans des habitats tourbeux ou moussus. Déjà, son nom nous ramène au tapis dont nous parlions au départ. Les sphaignes dominent la tourbière, elles retiennent beaucoup d’eau, et voilà un champignon qui, lui aussi, est lié à ces habitats humides, tourbeux, moussus. Il nous fait entrer dans une autre dimension du vivant : celle des champignons et de leurs relations.
Élise LedaEt pour reconnaître les lactaires, il y a un caractère important : comme les autres lactaires, le lactaire des sphaignes exsude un latex quand sa chair ou ses lamelles sont blessées. Ce lait est un caractère important pour reconnaître les lactaires. Là encore, on reste dans une observation très précise. Il ne s’agit pas d’une impression générale, mais d’un signe : quand la chair ou les lamelles sont blessées, un latex apparaît. Ce détail rapproche l’observateur du champignon, avec attention et prudence dans les mots.
Léo CharonLes lactaires vivent aussi en association mycorhizienne avec des arbres. Le champignon échange des nutriments avec les racines de son arbre hôte. Cette relation est essentielle à mentionner, parce qu’elle nous rappelle que le champignon n’est pas isolé. Il est dans un réseau de relations. Même dans un habitat tourbeux ou moussu, même dans un milieu humide riche en sphaignes, la vie se tisse par échanges. Le lactaire des sphaignes n’est pas seulement un organisme posé dans le décor; il participe à une association avec les racines d’un arbre hôte.
Élise LedaEt c’est beau, parce que les trois êtres que nous visitons aujourd’hui nous montrent trois façons différentes d’habiter des conditions particulières. La grenouille des bois vit dans les forêts et utilise des milieux humides pour se reproduire. La sarracénie pourpre pousse dans des tourbières acides où les nutriments du sol sont limités. Le lactaire des sphaignes est associé aux milieux humides riches en sphaignes, typiquement dans des habitats tourbeux ou moussus. Trois présences, trois manières d’être liées à l’eau, à la mousse, au sol, aux racines ou aux petites proies.
Léo CharonPlace à la musique avec La terre tourne encore sans nous.
La terre tourne encore sans nous Reggaeton alternatif / Latin alternative organique (production 2026)
Le vivant — Inter
Léo CharonSi l’on prend un peu de recul, la tourbière à sphaignes apparaît comme un milieu de contraintes, mais aussi de réponses. Elle est dominée par les sphaignes, ces mousses du genre Sphagnum qui forment des tapis spongieux capables de retenir beaucoup d’eau. Elle est généralement acide, pauvre en éléments nutritifs et gorgée d’eau. Ces conditions ralentissent la décomposition de la matière végétale. Dans ce cadre exigeant, on ne trouve pas une absence de vie. On trouve une vie spécialisée, ajustée, parfois discrète, parfois spectaculaire dans ses formes.
Élise LedaOui, et la tourbière devient presque une leçon d’équilibre lent. La tourbe se forme quand des restes de plantes s’accumulent plus vite qu’ils ne se décomposent. Les milieux froids, humides et pauvres en oxygène favorisent cette accumulation. Ce processus, associé au stockage du carbone naturel dans la tourbe pendant de longues périodes si le milieu demeure intact, nous oblige à écouter le temps autrement. Ici, le vivant n’est pas seulement ce qui bouge vite ou ce qui attire immédiatement l’œil. C’est aussi ce qui s’accumule, ce qui se conserve, ce qui demeure.
Léo CharonEt dans ce temps lent, la grenouille des bois apporte une sorte de battement saisonnier. Elle fréquente notamment les mares temporaires au printemps pour se reproduire, tout en vivant dans les forêts. Son corps généralement brun, roux ou beige l’aide à se camoufler dans la litière forestière, et son masque sombre derrière les yeux permet souvent de la reconnaître. Elle se nourrit de petits invertébrés, notamment d’insectes, d’araignées et d’autres petites proies terrestres. Elle fait le lien entre sol forestier, milieux humides, printemps et résistance au froid.
Élise LedaLa sarracénie pourpre, elle, donne au même milieu une forme presque architecturale : des feuilles en urnes qui retiennent l’eau de pluie, de petits invertébrés piégés qui contribuent à l’apport nutritif de la plante, puis une fleur solitaire dressée au-dessus des feuilles, généralement rouge pourpré à brun rougeâtre. Elle est indigène des tourbières acides et pousse dans des milieux pauvres où les nutriments du sol sont limités. On voit bien comment sa forme et son milieu se répondent, sans qu’il soit nécessaire d’ajouter un seul effet de manche.
Le vivant — Inter
Léo CharonRestons encore un instant avec ces relations, parce que le lactaire des sphaignes complète le tableau autrement. Il est associé aux milieux humides riches en sphaignes, dans des habitats typiquement tourbeux ou moussus. Comme les autres lactaires, il exsude un latex quand sa chair ou ses lamelles sont blessées, et ce lait est important pour reconnaître les lactaires. Mais il vit aussi en association mycorhizienne avec des arbres, en échangeant des nutriments avec les racines de son arbre hôte. Là, la tourbière n’est plus seulement un lieu; elle devient un ensemble de liens.
Élise LedaEt ces liens, on peut les entendre sans les compliquer. Les sphaignes retiennent beaucoup d’eau. L’eau, l’acidité et la pauvreté en éléments nutritifs ralentissent la décomposition. La tourbe se forme quand les restes de plantes s’accumulent plus vite qu’ils ne se décomposent. Dans ce même univers, une grenouille utilise des milieux humides pour se reproduire, une plante carnivore tire un apport nutritif de petits invertébrés piégés dans ses urnes, et un champignon échange des nutriments avec les racines d’un arbre hôte. Le vivant, ici, circule par usages, formes et échanges.
Léo CharonCe qui me frappe, Élise, c’est que rien, dans ces faits, ne demande de forcer l’émerveillement. Il est déjà là. Une mousse qui retient beaucoup d’eau. Un sol acide, pauvre, gorgé. Une décomposition ralentie. De la tourbe qui se forme par accumulation. Du carbone naturel stocké pendant de longues périodes si le milieu demeure intact. Une grenouille capable de survivre à une congélation partielle. Une plante aux urnes pleines d’eau de pluie. Un champignon qui laisse apparaître un latex et qui échange avec les racines. Ce sont des faits, mais ils ont une vraie puissance d’image.
Élise LedaIls ont cette puissance parce qu’ils nous ramènent à l’attention. Une tourbière à sphaignes ne se comprend pas seulement par un regard rapide. Il faut accepter son rythme : les tapis spongieux, l’eau retenue, la matière végétale qui se décompose lentement, les plantes qui s’accumulent plus vite qu’elles ne disparaissent. Puis il faut regarder les êtres qui y sont liés : la grenouille des bois avec son masque sombre, la sarracénie pourpre avec ses urnes, le lactaire des sphaignes avec son latex et son association aux arbres. Tout cela compose un monde sobre, mais intensément vivant.
Le vivant — Inter
Léo CharonIl y a aussi, dans cette tourbière, une idée de refuge très particulier. Le milieu est humide, acide, pauvre en éléments nutritifs, et pourtant il accueille des formes de vie très différentes, chacune avec sa manière de tenir bon. La grenouille des bois y trouve des milieux humides pour se reproduire, surtout dans les mares temporaires au printemps. La sarracénie pourpre, elle, ne dépend pas des nutriments du sol comme d’autres plantes; ses urnes retiennent l’eau de pluie et piègent de petits invertébrés.
Élise LedaEt ce qui est frappant, c’est que rien n’est isolé. Même le lactaire des sphaignes s’inscrit dans des relations. Il est lié aux milieux riches en sphaignes, mais il vit aussi en association mycorhizienne avec des arbres. Il échange des nutriments avec les racines de son arbre hôte. Dans un décor qui peut sembler silencieux, tout repose sur des échanges très précis.
Léo CharonOui, et la tourbière garde cette mémoire-là. Parce que la tourbe se forme quand les restes de plantes s’accumulent plus vite qu’ils ne se décomposent, le milieu conserve, couche après couche, ce que le temps ne défait pas vite. Tant que le milieu demeure intact, le carbone naturel y reste stocké pendant de longues périodes.
Le vivant — Inter
Léo CharonEt si l’on s’arrête un instant sur la forme même de ces présences, on voit que la tourbière ne fonctionne pas comme un décor uniforme. Les sphaignes y construisent un tapis vivant qui retient l’eau, et cette eau change tout autour d’elle. Elle maintient un milieu gorgé, acide, pauvre en éléments nutritifs, où la matière végétale se défait lentement. Dans un tel cadre, chaque organisme semble répondre à une contrainte très précise.
Élise LedaOui, et c’est là que la sarracénie pourpre devient très parlante. Ses urnes ne sont pas seulement une forme étonnante : elles retiennent l’eau de pluie et capturent de petits invertébrés. On voit alors une plante qui tire une part de son apport nutritif de ce qu’elle piège, dans un milieu où le sol lui-même offre peu. C’est une réponse très directe à la pauvreté du terrain.
Léo CharonEt la grenouille des bois, de son côté, rappelle qu’un milieu humide n’est pas seulement un lieu pour les plantes. Elle utilise des milieux humides pour se reproduire, notamment des mares temporaires au printemps, tout en vivant dans les forêts. Son masque sombre derrière les yeux, et ses teintes brun, roux ou beige, l’inscrivent discrètement dans la litière forestière.
Élise LedaCe qui relie tout cela, c’est aussi le temps. Dans la tourbière, la décomposition ralentit; la tourbe s’accumule quand les restes de plantes s’amassent plus vite qu’ils ne disparaissent. Et tant que le milieu demeure intact, le carbone naturel y reste stocké pendant de longues périodes. C’est une lenteur très particulière, presque silencieuse, mais d’une grande portée.
Le vivant — Inter
Léo CharonIl y a aussi, dans cette tourbière, une géographie très fine des alliances. Le lactaire des sphaignes n’est pas seulement un champignon des endroits moussus et humides : comme les autres lactaires, il vit en association mycorhizienne avec des arbres. Autrement dit, il échange des nutriments avec les racines de son arbre hôte.
Élise LedaEt cela ajoute une autre couche au paysage. On n’est plus seulement dans un milieu où l’eau s’accumule et où la matière se décompose lentement. On est dans un lieu où les relations comptent autant que les formes visibles.
Léo CharonOui, et cette association est d’autant plus parlante qu’elle se greffe sur un habitat riche en sphaignes, donc déjà marqué par l’humidité et par ces tapis spongieux qui retiennent beaucoup d’eau. Le champignon s’inscrit là-dedans, sans se détacher du milieu.
Élise LedaPendant ce temps, la sarracénie pourpre montre une autre stratégie, très différente, dans un même univers pauvre en nutriments. Ses urnes retiennent l’eau de pluie et piègent de petits invertébrés. La plante tire ainsi un apport nutritif de ce qu’elle capture.
Léo CharonEt la tourbière, elle, garde la trace de tout cela dans le temps. Parce que les restes de plantes s’y accumulent plus vite qu’ils ne se décomposent, la tourbe se forme, couche après couche, dans un milieu intact.
Élise LedaCe qui est frappant, c’est que la lenteur du lieu n’empêche pas la vitalité. Elle la met en forme. Une plante carnivore, un champignon lié aux arbres, une grenouille qui utilise les milieux humides pour se reproduire : chacun trouve sa place dans ce même tissu vivant.
Léo CharonOn respire un instant avec Sous la surface, signé Slap House et Dance-Pop.
Sous la surface Slap House / Dance-Pop
Léo CharonEt dans ce monde-là, il y a un détail qui change tout : l’eau n’est pas seulement présente, elle est retenue. Les sphaignes forment des tapis spongieux capables de garder beaucoup d’eau, et c’est cette réserve qui maintient le milieu gorgé, acide, pauvre en éléments nutritifs.
Élise LedaOui, et cette présence d’eau a une conséquence très simple, mais essentielle : elle ralentit la décomposition. Alors, au lieu de disparaître vite, la matière végétale s’accumule. C’est ainsi que la tourbe se forme, avec le temps, dans un milieu qui demeure intact.
Léo CharonOn comprend mieux pourquoi ces lieux comptent aussi comme réservoirs de carbone naturel. Le carbone y reste stocké pendant de longues périodes, tant que la tourbière n’est pas perturbée. C’est une mémoire très lente, mais très concrète.
Élise LedaEt au milieu de cette lenteur, chaque espèce apporte sa propre réponse. La grenouille des bois, par exemple, se nourrit de petits invertébrés, tandis que la sarracénie pourpre tire un apport nutritif de ce qu’elle piège dans ses urnes. Deux manières très différentes de vivre dans un même décor pauvre.
Le vivant — Inter
Léo CharonEt il y a, dans cette même tourbière, une autre scène, plus discrète encore : celle de la reproduction chez la grenouille des bois. Elle ne vit pas uniquement dans l’eau, mais elle s’appuie sur des milieux humides pour se reproduire, notamment sur ces mares temporaires du printemps. C’est un lien très précis entre la forêt et l’eau.
Élise LedaOui, et cela la rend d’autant plus étonnante qu’elle fait partie des grenouilles nord-américaines les mieux adaptées au froid. Elle peut survivre à une congélation partielle de son corps durant l’hiver. Dans un tel contexte, son masque sombre derrière les yeux, et ses teintes brun, roux ou beige, prennent presque valeur de discrétion parfaite.
Léo CharonEn face, la sarracénie pourpre exprime une autre forme d’adaptation. Ses feuilles en forme d’urnes retiennent l’eau de pluie, et cette eau devient une sorte de piège pour de petits invertébrés. C’est une façon très directe de composer avec un milieu où les nutriments du sol sont limités.
Élise LedaEt ce qui est remarquable, c’est que cette plante porte aussi une fleur solitaire, dressée bien au-dessus des feuilles. Elle est généralement rouge pourpré à brun rougeâtre. Même dans un milieu pauvre, il y a donc cette verticalité, cette présence, presque comme un signal au-dessus de la masse mousseuse.
Le vivant — Inter
Léo CharonEt si l’on regarde de plus près ce qui se passe sous nos yeux, il y a aussi la texture même du milieu. Les sphaignes ne sont pas un simple tapis décoratif : elles façonnent l’habitat, elles gardent l’eau, et elles maintiennent ce contact constant avec l’humidité qui caractérise la tourbière.
Élise LedaOui, et c’est cette humidité persistante qui permet à des présences très différentes de cohabiter. Le lactaire des sphaignes s’y associe à des arbres, la sarracénie pourpre s’y installe dans les milieux pauvres, et la grenouille des bois trouve, elle, des milieux humides pour se reproduire. Trois réponses, trois façons de tenir dans un même paysage.
Léo CharonCe qui est beau, là-dedans, c’est que rien n’est gratuit. Dans un milieu acide et pauvre en éléments nutritifs, chaque stratégie compte. La sarracénie pourpre piège de petits invertébrés, le champignon échange avec son arbre hôte, et la grenouille des bois compte sur des milieux humides bien précis au printemps.
Élise LedaEt pendant ce temps, la tourbière poursuit son travail lent. La matière végétale s’y accumule, la décomposition reste ralentie, et le carbone demeure stocké. C’est un milieu discret, mais d’une portée immense, parce qu’il garde la trace du vivant dans la durée.
Le vivant — Inter
Léo CharonEt dans cet ensemble, il y a un détail très parlant : la sphaigne ne fait pas qu’occuper l’espace, elle le transforme. Ses tapis spongieux retiennent beaucoup d’eau, et c’est cette rétention qui installe la tourbière dans une humidité durable.
Élise LedaOui, et ce cadre favorise aussi le lactaire des sphaignes, qui vit dans ces milieux humides riches en sphaignes. Comme les autres lactaires, il laisse apparaître ce latex quand sa chair ou ses lamelles sont blessées.
Léo CharonMerci d’avoir pris ce temps avec nous dans Le vivant. Nous avons marché, par la parole, dans une tourbière à sphaignes, auprès de la grenouille des bois, de la sarracénie pourpre et du lactaire des sphaignes, en gardant le fil des faits vérifiés. Restez à l’écoute : la suite de l’antenne vous accompagne encore, avec la même curiosité pour les lieux, les milieux et les présences qui nous entourent.
Élise LedaMerci à vous toutes et tous d’avoir été là. Ici Le vivant, on aime prendre le temps de regarder ce qui semble discret et de lui redonner toute sa place dans notre écoute. Continuez de rester avec nous pour la suite. Je vous souhaite une belle fin d’après-midi, et je salue chaleureusement mon collègue, Léo.
Le vivant — Outro